Pourquoi l’un des savants les plus connus de Bagdad finit-il sa vie caché, loin de tous ceux qui l’écoutaient ? Découvre les derniers jours de l’imam al-Barbahārī.
Il y a plus de mille ans, dans la grande ville de Bagdad, vivait un savant appelé al-Hasan ibn ‘Alî al-Barbahārī.
On le connaissait surtout sous un nom plus simple :
l’imam al-Barbahārī.
Il avait passé une grande partie de sa vie à apprendre la religion, à l’enseigner et à défendre la Sunnah.
Il rappelait aux musulmans de s’attacher au Coran, à la Sunnah du Prophète ﷺ et à la voie des premières générations de musulmans.
Son nom devint connu à Bagdad.
Beaucoup de personnes venaient écouter ses enseignements.
Mais cette popularité lui apporta aussi de nombreux ennemis.
À cette époque, les disputes religieuses étaient nombreuses. Des idées nouvelles se répandaient et al-Barbahārī s’y opposait avec fermeté.
Cela finit par attirer l’attention des autorités.
Les choses devinrent de plus en plus difficiles pour lui.
Certains de ses compagnons furent arrêtés.
Puis il fut interdit à ses élèves de se réunir.
Al-Barbahārī comprit alors qu’il était lui-même recherché.
Un homme qui avait enseigné devant tant de personnes dut commencer à vivre dans le secret.
Il quitta la partie de Bagdad où il se trouvait et traversa la ville pour se cacher ailleurs.
Personne ne devait savoir où il était.
Il trouva finalement refuge dans une maison appartenant à la sœur d’un homme appelé Tūzūn.
Pendant plusieurs semaines, l’imam resta là.
Caché.
Loin de ses élèves.
Loin des assemblées où il avait autrefois enseigné.
Il était déjà âgé.
Et puis, alors qu’il se trouvait toujours dans cette maison, sa santé se dégrada.
L’homme que l’on recherchait dans toute la ville n’allait bientôt plus pouvoir fuir.
Son dernier voyage approchait.
Quelques jours plus tard, l’imam al-Barbahārī mourut.
Mais un problème terrible se posa alors.
Comment préparer ses funérailles sans que personne ne découvre qu’il se trouvait là ?
Même après sa mort, le secret devait être gardé.
La maîtresse de maison demanda donc à son serviteur de chercher discrètement quelqu’un capable de laver le corps de l’imam.
Un homme fut trouvé.
Il entra dans la maison.
Puis les portes furent refermées.
Tout devait se dérouler dans le plus grand silence.
Le lavage funéraire commença.
À l’extérieur, Bagdad continuait de vivre comme si rien ne s’était passé.
Presque personne ne savait qu’à l’intérieur de cette maison venait de mourir l’un des savants les plus connus de son époque.
Et bientôt, il faudrait accomplir sur lui la prière funéraire.
Mais qui serait là pour prier ?

