Qui étaient les Ansâr, ces habitants de Médine qui accueillirent le Prophète ﷺ et les musulmans venus de La Mecque ? Découvre leur histoire, leur générosité et pourquoi Allah les a tant honorés.
Imagine que tu quittes ta ville.
Tu laisses derrière toi ta maison.
Tes habitudes.
Peut-être même une partie de tes biens.
Puis tu arrives dans une autre ville où tu ne connais presque personne.
Et là…
Des gens viennent t’accueillir.
Ils t’ouvrent leurs maisons.
Ils partagent avec toi ce qu’ils possèdent.
Et ils décident de te considérer comme leur frère.
C’est, en partie, ce qui s’est passé lorsque les musulmans ont émigré de La Mecque vers Médine.
Les habitants musulmans qui les accueillirent reçurent un nom particulier :
Les Ansâr.
Mais…
Les Ansâr, c’est quoi, au juste ?
Le mot Ansâr vient de l’idée de secourir, d’aider et de soutenir.
Les Ansâr étaient les musulmans de Médine qui accueillirent le Prophète Mouhammad ﷺ et les musulmans qui avaient émigré depuis La Mecque.
Ils appartenaient principalement à deux grandes tribus de Médine :
Al-Aws et Al-Khazraj.
Les savants expliquent que les Ansâr étaient les musulmans de Médine qui avaient accueilli leurs frères Mouhâjirîn dans leurs maisons, les avaient aidés avec leurs biens et avaient soutenu Allah et Son Messager.
Mais attention.
Les Ansâr n’ont pas attendu que le Prophète ﷺ arrive à Médine pour découvrir l’Islam.
Avant même la Hijrah, des habitants de Yathrib, l’ancien nom de Médine, avaient déjà rencontré le Prophète ﷺ et accepté son message.
Ils lui avaient prêté serment à Al-‘Aqabah.
Ils avaient accepté de le soutenir et de le protéger lorsqu’il viendrait vivre parmi eux.
Puis le Prophète ﷺ leur envoya Mous‘ab ibn ‘Oumayr رضي الله عنه.
Il leur enseigna le Coran et appela les habitants à l’Islam.
Peu à peu, l’Islam se répandit dans les maisons de Médine.
Et cela était d’autant plus remarquable qu’avant l’Islam, Al-Aws et Al-Khazraj s’étaient longtemps opposés et avaient connu de violents conflits.
Mais l’Islam allait les réunir.
Ils allaient désormais partager un même nom :
Les Ansâr.
Puis arriva la Hijrah.
Des musulmans commencèrent à quitter La Mecque pour rejoindre Médine.
On les appelait les Mouhâjirîn, les émigrés.
Beaucoup avaient laissé derrière eux une grande partie de ce qu’ils possédaient.
Ils arrivaient dans une nouvelle ville et devaient recommencer leur vie.
C’est alors que les Ansâr montrèrent une générosité extraordinaire.
Le Prophète ﷺ établit une fraternité entre des Mouhâjirîn et des Ansâr.
Cheikh Ibn Bâz explique que cette fraternité avait notamment pour but de renforcer l’entraide, l’amour et de faire disparaître le sentiment d’étrangeté que pouvaient ressentir ceux qui venaient d’arriver.
L’un des exemples les plus célèbres concerne Sa‘d ibn Ar-Rabî‘ رضي الله عنه, qui faisait partie des Ansâr.
Le Prophète ﷺ l’avait lié par cette fraternité à ‘Abd Ar-Rahmân ibn ‘Awf رضي الله عنه, qui venait de La Mecque.
Sa‘d lui proposa même de partager avec lui une partie de ses biens.
Mais ‘Abd Ar-Rahmân رضي الله عنه le remercia et lui demanda simplement :
— Indique-moi où se trouve le marché.
Il voulait travailler et gagner lui-même sa subsistance.
Les Ansâr proposèrent également de partager leurs palmeraies avec les Mouhâjirîn.
Le Prophète ﷺ organisa plutôt une entraide : les Ansâr garderaient leurs terres et leurs palmiers, tandis que les récoltes pourraient être partagées selon l’organisation établie.
Et Allah Lui-même a fait l’éloge de cette qualité dans le Coran.
Cette qualité s’appelle Al-Îthâr.
C’est lorsque tu donnes la priorité à quelqu’un d’autre alors que toi aussi, tu pourrais avoir besoin de ce que tu possèdes.
Mais les Ansâr ne se contentèrent pas d’offrir de la nourriture et des maisons.
Ils défendirent également le Prophète ﷺ.
Ils participèrent aux grandes épreuves de la communauté musulmane.
Badr.
Uhud.
La bataille de la Tranchée.
Et de nombreuses autres étapes de l’histoire de Médine.
Parmi eux se trouvaient de grands compagnons comme Sa‘d ibn Mou‘âdh رضي الله عنه, Abou Ayyoub Al-Ansârî رضي الله عنه, et Anas ibn Mâlik رضي الله عنه.
Et leur mérite est tellement grand que le Prophète ﷺ a dit quelque chose d’impressionnant :
« Aimer les Ansâr est un signe de foi, et détester les Ansâr est un signe d’hypocrisie. »
Pourquoi une parole aussi forte ?
Parce qu’aimer les Ansâr, c’est aimer des hommes qu’Allah a honorés pour leur foi, leur soutien à Son Messager et leurs sacrifices pour l’Islam.
Allah a même mentionné ensemble dans le Coran les premiers parmi les Mouhâjirîn et les Ansâr, et Il dit qu’Il les agrée et qu’ils L’agréent.
Alors maintenant, lorsque tu entends :
« Les Mouhâjirîn et les Ansâr »,
tu peux facilement les distinguer.
Les Mouhâjirîn étaient ceux qui avaient quitté notamment La Mecque pour émigrer avec leur religion.
Et les Ansâr étaient ceux de Médine qui les accueillirent, les aidèrent et soutinrent le Prophète ﷺ.
Et plus de quatorze siècles plus tard, les musulmans continuent encore à prononcer leur nom avec respect.
Voilà qui étaient, au juste…
Les Ansâr.
Retrouvez cette histoire en audio dans l’application
Le texte complet reste gratuit ici. Dans Muslim Guard, votre enfant peut aussi écouter la narration et poursuivre avec toute la bibliothèque.
Votre enfant a-t-il bien compris ?
1. Qui étaient les Ansâr ?
- A. Les musulmans de La Mecque qui ont émigré vers Médine
- B. Les musulmans de Médine qui ont accueilli le Prophète ﷺ et les émigrés
- C. Les habitants de La Mecque qui ont accepté l'Islam après la Hijrah
- D. Les compagnons qui ont participé uniquement à la bataille de Badr
2. Quel compagnon le Prophète ﷺ a-t-il envoyé à Médine avant la Hijrah pour enseigner le Coran ?
- A. Sa‘d ibn Mou‘âdh
- B. Mous‘ab ibn ‘Oumayr
- C. Abou Ayyoub Al-Ansârî
- D. Anas ibn Mâlik
3. Comment s'appelaient les deux grandes tribus de Médine auxquelles appartenaient principalement les Ansâr ?
- A. Al-Aws et Al-Khazraj
- B. Quraysh et Thaqîf
- C. Banou Isrâ’îl et Banou Hâshim
- D. Al-Mouhâjirîn et Al-Ansâr
4. Qu'a proposé Sa‘d ibn Ar-Rabî‘ à ‘Abd Ar-Rahmân ibn ‘Awf lorsqu'ils ont été liés par la fraternité ?
- A. De l'aider à trouver un travail
- B. De partager avec lui une partie de ses biens
- C. De lui donner une palmeraie entière
- D. De l'emmener à La Mecque

